Équilibrer l'approvisionnement en énergie et la sûreté : L'avenir des réacteurs nucléaires en Belgique
Le gouvernement est en pleine négociation avec le groupe énergétique français Engie pour la prolongation de deux réacteurs : Doel 4 et Tihange 3. Un accord a déjà été conclu sur le 9ème janvier 2023, mais il se pourrait que d'autres facteurs fassent partie de la discussion.
Malgré l'accord de 2003 sur la sortie du nucléaire, il existe une possibilité de prolonger la durée de vie du réacteur de Tihange 1 de dix ans, alors qu'il est censé être définitivement arrêté en 2025. Il en va de même pour Doel 1 et Doel 2. Cela se produit juste après l'arrêt définitif de Tihange 2 (31er janvier 2023) et de Doel 3 (23er janvier 2022).
Approvisionnement limité
La raison de cette décision provient d'études récentes montrant une pénurie d'approvisionnement importante pour la Belgique pour les hivers 2025 et 2026. Selon le gestionnaire du réseau de transport d'électricité Elia, la Belgique pourrait souffrir d'un déficit de 900 MW à 1,2 GW durant ces périodes.
Ces constats sont à l'origine d'un reconsidération de la loi de sortie du nucléaire, voire d'un remplacement. La date d'arrêt définitif pourrait être repoussée de dix ans, l'état de ces réacteurs n'étant pas alarmant. L'idée serait de gagner du temps tout en développant les énergies renouvelables et les nouvelles techniques comme les SMR ; petits réacteurs modulaires.
Ceux-ci ont l'avantage de réduire les travaux de chantier, d'augmenter l'efficacité de l'enceinte de confinement et la sécurité des matières nucléaires. En économisant le combustible nucléaire en été, lorsque les énergies renouvelables sont plus abondantes, les réacteurs pourraient alors être utilisés pour plus d'hivers.
Toutefois, la question que l'on peut se poser reste la suivante : n'est-il pas trop tard ?
Si l'on considère que le LTO (Long Term Operation) de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2 en 2015, a pris 5 ans pour que ces 3 réacteurs puissent redémarrer jusqu'en 2025, la question se pose.
Un bien précieux
En raison de l'incertitude qui règne sur le pays, nous n'avons plus que deux ans pour une LTO de Doel 4 et Tihange 3. L'analyse de l'AFCN a toutefois montré qu'une prolongation de la durée d'exploitation des réacteurs nucléaires les plus récents était possible en termes de sûreté nucléaire.
En gardant à l'esprit qu'elle est soumise aux adaptations réglementaires nécessaires et aux améliorations de la sûreté des installations, cela fait que le timing semble réalisable. Doel 4 et Tihange 3 sont les réacteurs les plus récents de notre pays et répondent déjà largement aux nouvelles exigences aujourd'hui, même si certaines améliorations de sûreté sont encore nécessaires.
C'est un enjeu majeur qui mérite sa place sur la table gouvernementale, à l'heure où l'énergie est un bien précieux et un atout indispensable au développement d'un pays.
Vue d'ensemble